Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /Jan /2010 12:37

Alain Badiou dans son livre « De quoi Sarkozy est-il le nom ?» montrait que la ligne politique de l'actuel pouvoir avait, dans ses ressorts intimes, des relents pétainistes. L'idéologie est simple : il s'agit d'amalgamer et de créer la peur. Séparer la Nation en la divisant entre les bons et les mauvais ; le bon Français du mauvais Français.

La polémique volontariste sur l'identité nationale est là pour nous décliner cette idéologie raciste et antisémite. Derrière le mauvais Français il y a l'immigré, et derrière l'immigré, l'arabe et bien sûr, derrière l'arabe : le musulman.

Ces multiples croisades contre l'inassimilable, le récalcitrant, la différence et tout compte fait contre la Culture, nous rappelle cet homme sortant son revolver à chaque fois qu'il entendait le mot « Culture ».

Navrante, mais d'abord dangereuse, l'idéologie de la droite réactionnaire au pouvoir favorise le communautarisme obtus où « tout ce qui n'est pas comme moi est contre moi ».

 

Il faut redéfinir le « principe altérité ».

 

La République qui s'enrichit de l'autre et de sa différence se retrouve entre les mains d'idéologues néo-coloniaux qui tuent ceux qu'ils considèrent dépourvus d'une âme dans un corps noir ou cacao.

Mettre à la vindicte populaire ces arabes décidément opposés aux valeurs voulues comme démocratiques est une manipulation vieille comme le monde.

 

Rappelons qu'au nom de la liberté et de sa portée civilisatrice l'on a justifié le massacre de millions d'âmes.

 

Ainsi, c'est toujours au nom des valeurs de la République que l'on se lance à l'assaut des peuples barbares. A la différence cette fois-ci, que les barbares sont sur le sol de la République. L'ennemi sera la « cinquième colonne ». Il faut créer une atmosphère de peur où la posture du soupçon sera inculquée aux bons, garants des valeurs démocratiques. De là, toute attitude de loyauté et de sincérité seront balayées par le soupçon qui, par nature, ne peut avoir confiance.

 

« Dis-moi d'où tu parles je te dirai qui tu es ».

 

« Aux armes citoyens (...) que le sang impur abreuve nos sillons » disait la chanson (démocratique).

 

Le maire de Nice Estrosi parle quant à lui d'une incompatibilité urbanistique et paysagère, la présence de minarets. Il refusera sans rougir tout projet cultuel avec un minaret. Une église serait-elle une église sans son clocher ?

Nous savons que le minaret est plutôt une coutume architecturale qu'une prescription religieuse. Néanmoins c'est bien la visibilité de l'Islam qui est remise en cause. Pour traduire les lâches propos de ce maire il s'agit de ne pas accepter sur le sol « judéo-chrétien » la présence de la religion de Saladin.

Il n'y a plus de projets politiques en France rien que de la démagogie afin d'entretenir l'air devenu irrespirable par l'hypocrisie du mensonge et du mépris.

 

Hakim. F

Par Présence musulmane
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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /Jan /2010 12:35

« Je suis quelqu'un de très ambitieux, un jour j'ai voulu devenir le gouverneur de Médine et je le suis devenu. Après cela  j'ai eu pour ambition de devenir calife et me voilà aujourd'hui calife. Et aujourd'hui je n'ai plus d'ambition terrestre ma seule ambition est de rentrer au paradis » (Omar, second Calife).

 

Omar, second calife, est une personnalité hors pair. Il fait partie du cercle très restreint des hommes qui se placent tout de suite après les prophètes. Sa vie d’un point de vue islamique est une grande école de pédagogie, de lucidité et de sagesse. Il me semble, et Seul Dieu est Savant, que le musulman, au jour d’aujourd’hui, doit opter sans tergiverser pour l’approche omarienne empreinte d’un réalisme « spirituel » et d’un pragmatisme « moral » à toute épreuve.

 

Omar, que Dieu l’agrée, visa le poste de « Gouverneur » ainsi que celui de « Calife » dans la perspective du « Paradis ». Ses ambitions étaient conformes et en complet accord avec l’éthique islamique. Il était donc ambitieux pour Dieu et par Dieu. Ce n’était pas son ego qui ambitionnait des performances. C’était plutôt son cœur, complètement converti au Dessein divin, qui voulait et agissait. Cette parole d’Omar est donc le reflet d’une âme qui goûta aux délices avant-coureurs de l’Eternité que la présence mohammadienne incarnait. Omar, que Dieu l’agrée, pensait la vie et concevait son action en termes religieux, moraux et spirituels. Ses désirs et ses plaisirs étaient soumis aux impératifs de la « Demeure dernière ».

 

Cette démarche, d’ailleurs, s’inscrit dans une autre plus large que les Compagnons incarnaient à la perfection. Un Compagnon connaissait ses atouts et ses limites. Et en vertu de cette connaissance intime de son « nafs/ego », il avançait déclinant ainsi ses compétences pour tel poste ou telle mission ou bien il reculait laissant le chemin devant plus compétents que lui avec naturel et spontanéité. L’ambition d’Omar doit être appréhendée, me semble-t-il, sous cet angle. Il avait des compétences et voulait les mettre à la disposition de sa communauté et partant de l’humanité. [Le parallèle avec ce qui nous arrive aujourd’hui nous renseigne sur la racine du mal qui nous ronge]. De plus, Omar avait l’habitude de se réfugier auprès de  Dieu contre « l’impuissance des pieux » ; impuissance qu’il mettait en parallèle avec « la combativité des récalcitrants (‘oçat’) ». Sous son califat, les musulmans avaient réalisé des exploits inouïs en un laps de temps vraiment concis. Ainsi l’ambition d’Omar ne peut être synonyme de convoitise. Ce serait commettre un énorme contre-sens. Qu’Allah agrée Omar dont l’ambition tient plutôt de l’expertise parce qu’elle met en avant des connaissances avérées et des compétences réelles.

 

Par ailleurs, cette parole « d’Alfarouq » illustre à merveille le « réalisme » et le « pragmatisme » omariens. L’ambition effectivement dans la bouche d’Omar, que Dieu l’agrée, n’est pas la traduction d’une psyché qui désire et convoite à des fins personnelles/existentielles. Elle n’est en aucun cas une vulgaire convoitise du pouvoir et de la notoriété. Elle est plutôt et surtout l’expression d’un cœur qui veut servir sa communauté, sa religion et au final Dieu Le Sublime. Car se servir du statut de « gouverneur » ou de « Calife » ne fait pas partie de la méthodologie du grand Omar qu’Allah l’agrée. Toute sa noble vie a été vouée à Dieu et à Dieu seul. Sa noble vie s’inscrivait dans cette démarche d’exigence/excellence ainsi que « d’illustration et de défense » de l’éthique islamique. Omar, qu’Allah l’agrée, a été d’ailleurs à l’origine de beaucoup de performances terrestres et qui ne contredisaient en rien l’éthique islamique. Tout au contraire, ces performances donnaient la pleine mesure de l’éthique islamique en en soulignant et précisant les côtés réaliste et pratique.

 

Le mot ambition n’est pas problématique en soi, tant s’en faut. La difficulté vient effectivement de la personne qui « ambitionne de… ».  Car, dans la perspective islamique, ce qui importe c’est toujours (et pour toujours) « l’intention ». Ce concept hautement spirituel est la clef de la réussite. Car selon un hadith sublime « les gens ressusciteront avec leurs intentions ». L’intention prime donc l’action. Celle-ci n’a de valeur que celle que lui confère l’intention. Ambitionner un statut social, un compte en banque bien garni, une maison et une voiture luxueuses etc. n’est jamais mauvais en soi. Ce qui est répréhensible, c’est les modalités de réalisation des projets ambitionnés et ce que l’on en fait par la suite. C’est la question de la finalité qui doit motiver et gouverner les ambitions et en aucun cas une quelconque pression sociale ou une quelconque pulsion égotique…  Car notre psyché est pétrie d’ambitions qu’il faut soumettre, toujours, au magistère de l’intention.

 

En conclusion, la saine émulation existe en Islam. Elle consiste à réaliser des prouesses au nom d’Allah. Elle consiste à rivaliser d’actions pieuses/vertueuses. Une action pieuse/vertueuse demeure, à jamais, une action qui ne perd jamais de vue les finalités suprêmes de la religion. Elle peut donc couvrir un champ social très large pourvu qu’elle maintienne le cap sur Dieu : la Fin et les Moyens.

 

Par Présence musulmane
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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /Jan /2010 12:32
 

[…] « Chacun s’envole selon son ambition », « lorsque son envol atteint le plafond de son ambition il s’arrête et ne peut la dépasser ».

 

 

La beauté de cette parole d’Ali, qu’Allah honore sa face, n’a d’égale que sa profondeur.

Il s’agit en effet de deux ambitions diamétralement opposées. La première, celle du bédouin qui désire « une chèvre », est ancrée dans l’existence et est l’expression d’un vœu terrestre. La deuxième, celle d’Abou bakr’ qu’Allah l’agrée, qui désire ardemment Dieu et soupire après la demeure dernière est  la traduction directe de « la connaissance et de l’amour de Dieu ».

 

L’homme effectivement a l’allure et la stature de ses ambitions. Il est structuré donc déterminée par elles. Ses ambitions le dépassent souvent. Mais, il ne peut en aucun cas les dépasser. Car il en est prisonnier. Force donc est de les mouler, de les sculpter à sa mesure. Ne pas connaître ce qu’il est foncièrement dénaturerait ainsi ses choix, corromprait ses ambitions et compromettrait son avenir (eschatologique). Car « chacun s’envole selon son [ses] ambition [s] ». De plus, nos ambitions en disent long sur ce que nous sommes.  Du coup, dis-moi quelles sont tes ambitions, je te dirai qui tu es !

 

De plus, une ambition existentielle qui vise la réalisation d’un projet matériel sans aucune prise en charge religieuse et spirituelle s’éteint avec la même rapidité qu’elle est née en se heurtant à ses propres limites. Toute ambition existentielle donc porte dans ses flancs les termes de sa propre finitude (plafond). Ainsi, seule l’ambition en/pour Dieu perdure et connaît des rebondissements extraordinaires. Elle n’est pas soumise aux vicissitudes du temps et de l’histoire parce que ses impératifs sont de nature éternelle.   

 

Mais, l’ego a tendance à ambitionner des entreprises et à s’y engager sans connaissance de cause. Car l’ego méconnaît ses limites et de la sorte ses ambitions sont, la plupart du temps, disproportionnées par rapport à son potentiel (c’est un peu le principe de Peter) ou en décalage par rapport à ce qu’il est foncièrement (Fitra). C’est qu’il est avide ! C’est qu’il est cupide ! Méfions-nous donc des ambitions sans soubassements éthiques et spirituels.

 

L’ambition est toujours tapie dans notre cœur. Seulement, il faut, par la pratique de l’intention, la convertir au Dessein de Dieu. C’est uniquement dans ces conditions hautement spirituelles que le cœur apprend à déployer son potentiel éthique en faisant ployer ses ambitions devant « la connaissance et l’amour de Dieu » aux vertus incommensurables.

 

En conclusion, Allah dit : « Je suis à la mesure de l’idée que Mon serviteur se fait de Moi ». Allah se livre à nous selon la nature et l’authenticité de nos ambitions. Du coup, la personne humaine devient ce que sont ses ambitions. Qu’Allah donc soit la Fin et les Moyens de nos ambitions.

 
Par Présence musulmane
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 22:27

"Jamais je n'ai connu d'hospitalité aussi sincère, de fraternité aussi bouleversante que celles des hommes et de femmes de toutes races réunis sur cette vieille Terre Sainte, patrie d'Abraham, de Mohamed et des autres prophètes des Saintes Ecritures. Jamais je n'ai été honoré comme ici. Jamais je ne me suis senti plus humble et plus digne.
L'Amérique a besoin de comprendre l'islam, parce que c'est la seule religion qui ignore le racisme. Ce pèlerinage m'a obligé à reviser certaines idées qui étaient miennes, à rejecter certaines conclusions auxquelles j'étais parvenu. Au cours des onze journées que j'ai passé ici, dans le monde musulman, j'ai mangé dans le même plat, bu dans le même verre, dormi dans le même lit (ou sur le même tapis) j'ai prié le même Dieu que mes coreligionnaires aux yeux les plus bleus, aux cheveux les plus blonds, à la peau la plus blanche. Dans leurs paroles comme dans leurs actes, les musulmans " blancs " sont aussi sincères que les musulmans " noirs "d'Afrique nigériens, soudanais, ghanéens. Nous sommes véritablement frères. Parce qu'ils croient en un seul Dieu, ils excluent toutes considérations de race de leur esprit, de leurs actes, de leurs comportements.

J'ai pensé en les voyant que si les blancs américains admettaient l'Unicité de Dieu, ils pourraient peut-être admettre l'unicité de l'homme et ils cesseraient de s'affronter, de nuire à autrui pour des raisons de couleur. Le racisme étant le véritable cancer de l'Amérique, nos " chrétiens " blancs devraient se pencher sur la solution islamique du problème; solution qui a fait ses preuves, et qui pourrait peut-être intervenir à temps pour sauver l'Amerique d'une catastrophe imminente. Celle-la même qui s'est a abattue sur l'Allemagne raciste et qui finit par détruire les allemand eux-mêmes.

Chaque heure passe ici en Terre Sainte m'a permis de mieux comprendre le problème racial en Amérique. On ne saurait blâmer le noir pour son agressivité dans ce domaine. Il ne fait que réagir à quatre siècles de racisme conscient de la part des blancs. Mais si le racisme américain mène au suicide, je crois que les jeunes blancs de la nouvelle génération, ceux des universités, verront ce qui crève les yeux. Je crois que nombre d'entre eux opteront pour la vérité spirituelle. C'est le seul moyen qu'ait encore l'Amérique d'éviter le désastre."


El-Hadj Malik El Shabbazz ( Malcolm X ).

Par Présence musulmane
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 09:48

Parmi les questions sensibles qui concernent les musulmans vivant en Occident, et singulièrement en Europe, il y a la position de l’islam sur l’homosexualité. Dans certains contexte, elle serait à elle seule la clef de la possible « intégration » des musulmans à la culture occidentale. Comme si, ce faisant, les valeurs et les cultures européennes se réduisaient à l’acceptation ou non de l’homosexualité. La « culture européenne » de fait est à géométrie très variable et sa configuration change selon les sujets du moment. Au moment où certains affirment, à l’instar du Pape et de quelques intellectuels - défenseurs parfois dogmatiques et exclusivistes des Lumières - que les racines de l’Europe sont grecques et chrétiennes (en en excluant les musulmans) ; voilà que des courants homosexuels, et politiques, déclarent (avec la même tentation de rejet vis-à-vis des musulmans) que la clef de « l’intégration des musulmans » dépendra de leur acceptation ou non de l’homosexualité. Nous n’en sommes pas à une contradiction près : car enfin le christianisme, dont l’Europe tirerait ses racines et qui serait censé exprimer les valeurs et l’identité de l’Europe, ne condamne-t-il pas l’homosexualité ? Etrange mariage. A moins que le point commun de cette contradiction soit ailleurs : stigmatiser l’islam et les musulmans et les présenter comme « l’autre »… sans craindre d’être en contradiction avec soi-même.


Il faut dire et répéter, comme le relève Isabelle Levy dans son ouvrage « Soins et Croyances »[1], les spiritualités et les religions - des courants majoritaires de l’hindouisme, du bouddhisme au judaïsme, au christianisme et à l’islam - toutes condamnent et interdisent l’homosexualité. L’immense majorité des rabbins s’expriment en ce sens, de même que le Pape et jusqu’au Dalaï-Lama qui a condamné l’homosexualité. Pour toutes ces traditions, comme c’était d’ailleurs le cas pour Freud (qui parle de « perversion »), l’homosexualité est considérée comme « contre nature », « l’expression d’un déséquilibre » dans l’évolution de la personne et l’homosexualité est moralement condamnée pour cela. Cela reste l’opinion largement majoritaire de toutes les spiritualités et de toutes les religions et l’islam ne fait pas exception. Il serait insensé de vouloir nier ces faits, contredire les textes et imposer certaines contorsions intellectuelles aux croyantes et aux croyants afin qu’ils puissent prouver qu’ils sont à même de vivre avec leur temps.


Ce qui importe donc, ce n’est pas d’être d’accord ou non avec les textes religieux, les croyances et les convictions de chacun mais de déterminer un comportement dans les sociétés ou nous vivons ensemble. Depuis plus de vingt ans, je répète – en étant particulièrement critiqué par certains groupes musulmans – que l’homosexualité est interdite en islam mais que nous devons éviter la condamnation et le rejet des personnes. Ainsi, on peut être en désaccord avec le comportement d’une personne (sur le plan public ou privé) mais respecter la personne en tant qu’être. C’est ce que j’ai toujours affirmé en allant même plus loin : une personne qui prononce l’attestation de foi islamique devient musulmane et si, par ailleurs, elle pratique l’homosexualité, il n’appartient à personne de la sortir de l’islam. Un comportement considéré comme répréhensible par les règles morales ne suffit pas à excommunier un individu. Les choses sont donc claires et clarifiées et les musulmans européens ont le droit d’exprimer leurs convictions tout en se devant de respecter les personnes dans leurs êtres et leurs droits. La cohérence impose le respect de cette attitude de foi et d’ouverture.


Or nous assistons aujourd’hui à des campagnes malsaines et idéologiquement orientées. Affirmer ses convictions et respecter les personnes ne suffit pas : il faudrait que les musulmans en arrivent à condamner le Coran, à accepter et à promouvoir l’homosexualité : la preuve de leur modernité serait à ce prix. Or, non seulement cette attitude est vouée à l’échec (car les courants majoritaires de l’islam réformiste et traditionnel, comme ceux des autres religions, ne plieront pas sur cette question) mais elle révèle un nouveau dogmatisme – avec quelques relents coloniaux voire xénophobes - au cœur de la pensée dite progressiste et moderne. Un cadre politiquement correct s’installe, avec certains intellectuels en vue, voire des lobbies, qui impose à tous la seule façon d’être « ouvert » ou réellement « libéral ». A y regarder de plus près, cette pensée ouverte et libérale exige le respect mais a une fâcheuse tendance à imposer ses dogmes et à laisser peu de place aux convictions des philosophies, spiritualités ou religions traditionnelles. Trahissant la finalité de la modernité qui devait nous permettre de gérer la liberté et la diversité, voilà qu’il n’y aurait donc qu’une seule façon d’être libre et moderne. Cette tendance dogmatique et dogmatisante, au nom même de la pensée libérale, est dangereuse et doit interpeller toutes les femmes et tous les hommes, athées, agnostiques, hindouistes, bouddhistes, juifs, chrétiens ou musulmans. Il en va au fond de notre liberté de penser, il en va de nos choix intimes et de nos processus d’émancipation intellectuelle et sociale.

 
Il ne faut point être dupe néanmoins. Cette évolution, et les récentes crispations ou controverses autour du retour du religieux, des peurs, de la visibilité sociale des « croyants », de l’homosexualité, est directement liée à la présence et à la nouvelle visibilité des musulmans dans nos sociétés occidentales. On peut faire le choix d’attiser les questions sensibles ou d’instrumentaliser les tensions naturelles dues à l’arrivée de nouveaux immigrés pour prouver l’impossible intégration des musulmans et le danger que ces derniers représentent. Certains partis pourront même gagner quelques élections en jouant sur ce registre. A terme, pourtant, cette attitude provoquera des fractures et elle est totalement contreproductive. La cohésion sociale sera impossible et la méfiance alimentera nos quotidiens traversés par l’insécurité. Il faut donc cesser ce jeu malsain et revenir à des dispositions plus justes et raisonnables. La bonne nouvelle provient sans doute de la jeunesse de nos sociétés : les cultures et les religions ne les empêchent pas de se connaître, de vivre ensemble et de partager des espaces et des espoirs. Ils sont l’avenir et ils dépasseront sans doute nos craintes passées.

Par Présence musulmane
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